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Une pile électrique qui fonctionne jusqu'en 2040 ?

15/10/2007 07h51, par LesNumériques.com

Une fois n'est pas coutume, on va faire un peu de physique.

Vous connaissez le tritium ? C'est un isotope de l'hydrogène (noté 3H), autrement dit, un atome avec des neutrons en plus ou en moins dans le noyau -- deux neutrons en plus, en l'occurrence.

La particularité du tritium, c'est qu'il s'agit d'un radio-isotope, mot qui fait pas peur pour dire qu'il est radioactif. Oh, rien à voir avec l'uranium 235, rassurez-vous. Il se dégrade peu à peu en émettant un rayonnement bêta moins -- autrement dit, il projette des électrons.

Or, ces électrons, on peut les récupérer dans des semi-conducteurs. Résultat ? On obtient un courant électrique. On parle de système bêta-voltaïque.

Cela fait un certain temps que l'on travaille là-dessus : le principe a été découvert il y a une cinquantaine d'années, et on s'en sert déjà pour l'alimentation à long terme de satellites. Car le point fort de cette alimentation, c'est que sa durée de vie est étroitement liée à celle de la dégradation de l'élément choisi : la production électrique est continue, diminuant peu à peu jusqu'à dégradation complète.

On peut donc raisonnablement espérer qu'une pile bêta-voltaïque au tritium produise de l'électricité pendant une trentaine d'années.

Aujourd'hui, suite à des recherches de l'armée de l'air américaine, on annonce dans les années qui viennent des piles bêta-voltaïques pour les téléphones cellulaires ou les ordinateurs portables.

D'aucuns s'inquiéteront de faire entrer des sources rayonnantes dans leur vie. Il faut alors savoir que le tritium a la gentillesse de ne pas émettre d'autres rayonnements que les bêta, lesquels sont peu nocifs et facilement contrôlables (une feuille d'aluminium les stoppe, de même que la peau humaine -- évitez d'en avaler, par contre). D'ailleurs, vous en avez peut-être déjà dans votre environnement sans le savoir : le tritium est couramment utilisé dans la fabrication d'aiguilles de montres luminescentes (il a remplacé pour cet usage le radium, qui émettait en plus un rayonnement gamma cancérigène).

Autre avantage : une fois vidée, la pile ne contiendrait plus d'élément radioactif, même faible, et serait donc inerte et sans danger -- la dégradation du tritium produit de l'hélium 3, parfaitement stable. En fait, elle serait même nettement plus propre que les actuelles batteries aux métaux lourds.

Enfin, pour ceux qui craignent la chaleur ou ne supportent plus le bruit des ventilateurs, signalons que la production d'électricité dans une pile bêta-voltaïque est totalement neutre sur le plan thermique : il n'y a donc pas de chaleur à évacuer, contrairement à la production d'une batterie chimique.

Alors, la pile bêta-voltaïque, la panacée pour des ordinateurs propres, avec en prime la disparition des problèmes de batteries et de chargeur jusqu'en 2040 ? Pas tout à fait certain : la production du tritium n'est pas exempte de questions. En particulier, la taille de l'atome de tritium (rappelons que l'hydrogène est le plus petit de tous les atomes) le rend très difficile à stocker : il a une fâcheuse tendance à s'infiltrer dans la plupart des matériaux. Or, si le rayonnement bêta est facile à intercepter, mais que l'atome qui le produit se balade dans la nature, on aura du mal à contrôler parfaitement la diffusion...

Reste que cette voie de recherche paraît extrêmement prometteuse, la question principale étant de miniaturiser suffisamment les enceintes de confinement pour tenir dans un portable et d'assurer l'étanchéité des usines.

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