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Siffletron

L'électronique d'aujourd'hui offre de très nombreuses possibilités à tout musicien à l'âme tant soit peu éprise d'expérimentations. il existe toutes sortes de synthétiseurs et de vocodeurs. La majorité de ces appareils se caractérise par un inconvénient majeur : le prix, qui n'a guère d'égal que le succès que ce genre d'appareil connaît auprès des professionnels. Il est nécessaire, la plupart du temps, de savoir utiliser un clavier ou gratter les cordes d'une guitare. Le siffletron décrit ici n'exige ni l'un, ni l'autre.

Le seul don musical dont en doit faire preuve lors de l'utilisation du siffletron est celui de savoir "siffler". Le siffletron transforme les signaux produits par un sifflement en un nouveau signal caractérisé par une fréquence plusieurs fois inférieure à celle du signal original, mais gardant les variations d'amplitude du signal d'origine. En d'autres termes, la hauteur du son est abaissée mais la dynamique reste la même. Le composant détecteur est un microphone à cristal tout ce qu'il y a de plus simple ; un petit écouteur à cristal fait fort bien l'affaire. Ce microphone capte la sinusoïde quasiment parfaite produite par le sifflement.

L'amplificateur opérationnel A1 amplifie le signal recueilli avec un gain de 56. Le redressement grâce à D1 et le filtrage à l'aide de C4 permettent de recueillir aux bornes de ce condensateur une tension continue proportionnelle à l'amplitude du signal entrant. Le signal d'entrée est à nouveau fortement amplifié à l'aide des amplificateurs opérationnels A2 et A3. A la suite de ce traitement, on trouve à la sortie de A3 le signal qui a pris la forme d'un signal rectangulaire, selon la position donnée à P2. Ce signal rectangulaire est appliqué à l'entrée horloge d'un circuit intégré CMOS, un 4022 en l'occurrence. Il s'agit d'un compteur binaire par huit possédant une sortie codée. Suivant les impulsions d'horloge, les sorties 0 à 7 prennent l'une après l'autre un niveau logique haut, niveau que chaque sortie garde durant toute la durée d'une impulsion d'horloge. L'application d'un niveau logique haut à l'entrée d'initialisation remet le compteur à zéro.

Le circuit intégré est connecté de manière à ce qu'il puisse se remettre à zéro lui-même. Le commutateur à 8 positions, S1, permet de choisir quel sera le rang de l'impulsion d'horloge qui remet à zéro le circuit intégré. Le compteur, fonctionne de ce fait en diviseur de fréquence variable : selon la position de S1, chaque première, seconde... 8ème impulsion d'horloge, une impulsion arrive à la sortie 0 pendant la durée d'une impulsion d'horloge. Le signal disponible à la sortie 0 possède de ce fait une fréquence égale à la fréquence sifflée, divisée un nombre entier de fois (1. . . 8). Le nouveau signal musical, ou prétendu tel, est amplifié par le transistor T1.

La tension d'alimentation pour cet étage d'amplification est prise sur C4 (R6 fait office de résistance de collecteur pour TI); pour cette raison, elle dépend de l'amplitude du signal d'entrée. Il s'en suit qu'il arrive sur l'entrée inverseuse de l'amplificateur opérationnel A4 un signal ayant une amplitude proportionnelle à celle du signal d'entrée, tout en ayant une fréquence plusieurs fois plus faible. Ce signal est considérablement amplifié de manière conventionnelle à l'aide de l'amplificateur opérationnel A4 suivi de l'étage de balance, de manière à être rendu audible à l'aide d'un petit haut-parleur. Les potentiomètres P1 et P2 permettent d'agir respectivement sur le volume et la sensibilité du montage.

Expérimental

Le son produit par le siffletron se remarque bien évidemment par son caractère expérimental. La production d'un son musical et supportable exige des connaissances musicales et une technique de sifflement supérieures à la moyenne. La combinaison entre le sifflement original et le son produit par le siffletron peut avoir un effet dévastateur sur les nerfs ; il est également possible d'obtenir des sons harmonieux sans pour cela devoir faire preuve de la plus stricte concentration.

Il est bien évident que l'on peut utiliser d'autres signaux que ceux du siffletron. Sachant que le signal en sortie possède une fréquence toujours soit égale, soit inférieure à celle du signal appliqué en entrée (inférieure de 3 octaves au maximum), il faut veiller à ce que la fréquence du signal d'entrée ne soit pas trop basse, sinon la "musique" du siffletron ressemblerait aux grognements de la savane. Brancher une guitare électrique à l'entrée de cet appareil peut sembler un montage allant de soi. Lorsque le commutateur S1 est placé sur l'une des positions 1, 2, 4 ou 8, on se trouve en présence d'un convertisseur dénommé "octaviseur" (octave/diviseur) par les guitaristes. Nous attirons votre attention, sans vouloir vous préparer au pire, au fait qu'il ne faut pas appliquer à ce montage des signaux trop polyphoniques tels qu'un large accord de septime.

 

montage Siffletron

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