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Une pile à hydrogène chauffe des HLM parisiennes

31/01/2007 16h07, par News.fr

Une pile à combustible va fournir électricité et chaleur à 283 logements sociaux, dans le sud de Paris. Cette source d'énergie, moins polluante et de meilleur rendement, devrait pouvoir s'imposer face aux énergies classiques.

Cellia est une pile à hydrogène installée en bordure d'un ensemble HLM de 283 logements gérés par l'Opac (Office public d'aménagement et de construction de Paris), porte Brancion, dans le 15e arrondissement. Cette machine de belle taille (9 m. de long sur 4 m. de haut), d'un poids total de 28 tonnes, marque la première utilisation en France d'une pile à combustible pour la fourniture d'énergie à des logements sociaux. Inaugurée en novembre 2006, elle doit être mise en service ces jours-ci.

Des systèmes similaires ont déjà été installés en France, par EDF, GDF et Dalkia, mais de puissances nettement moindres. Il existe une quinzaine de piles à combustible en Europe, pour la plupart en Allemagne, fabriquées comme celle de Paris par l'entreprise MTU-CFC Solutions. Cet appareil fonctionne à partir de gaz naturel "craqué" pour séparer le gaz carbonique et l'hydrogène contenus dans le méthane, puis par réaction chimique entre l'hydrogène obtenu et l'oxygène de l'air.
 
La pile présente ainsi deux avantages. D'une part, elle dégage chaleur et électricité, ce que l'on appelle la cogénération : un même appareil là où d'ordinaire il en faut deux. D'autre part, elle ne rejette que de la vapeur d'eau, de l'air chaud et du gaz carbonique (-30% de CO2 par rapport à un appareil à cogénération classique), et aucun polluant tel que monoxyde de carbone, dioxyde de soufre, poussières, etc. « L'appareil engendre peu de nuisances sonores, contrairement aux cogénérateurs classiques dont les turbines sont bruyantes, et ne dégage pas d'odeur », souligne Alexandre Lima, chef de projet "énergies décentralisées" chez Veolia Environnement.
 
L'appareil doit fonctionner de novembre à mars chaque année. L'électricité produite est revendue à EDF et la chaleur (180 kW thermiques) sert pour les logements voisins. Cellia est accolée à une chaufferie classique préexistante, au gaz, qui bien que beaucoup plus puissante (2 mégawatts, contre 220 kilowatts pour la pile) est utilisée en appoint. Lorsque le froid n'est pas trop intense, la pile suffit ou fournit l'essentiel de la chaleur requise.

Diviser le coût d'investissement par dix

La pile est un prototype et va être étudiée pendant six ans afin d'évaluer les performances et les coûts de maintenance, ou encore de former des techniciens. L'installation a coûté de 5 à 10 fois plus cher que celle d'une installation classique. « En raison d'un effet d'échelle », souligne Alexandre Lima, « plus c'est petit, plus c'est cher au kilowatt ». A contrario, après avoir démontré la faisabilité technique de cette solution, l'ambition des différents partenaires à l'origine de ce prototype est de pouvoir développer plus tard ce type d'appareil à moindre coût. N'ayant pas de parties tournantes, il n'engendre ni vibrations, ni usure mécanique, et devrait demander peu d'entretien. L'objectif des industriels du secteur est de diviser par dix en dix ans, le coût d'investissement, en mettant en oeuvre des matériaux moins coûteux dans le coeur de la pile, et en industrialisant la fabrication.

Dans l'immédiat, la facture de chauffage des 283 logements est diminuée de 10%. Les frais inhérents au projet sont assurés par les financiers, publics et privés : le conseil régional d'Ile-de-France (1,9 million d'euros), Dalkia (1,6 million) - filiale de Veolia Environnement et d'EDF -, l'Union européenne (programme Life Environnement 1,5 million), l'Ademe, Veolia Environnement, l'Opac et EDF. De sa conception à la fin des six ans d'expérimentation, Cellia nécessitera un investissement de 7 millions d'euros. Il s'agit avant tout de démontrer l'impact de la pile à hydrogène et de sensibiliser les habitants à ses avantages, indique Alexandre Lima.

 

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