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Un robot contrôlé par une moisissure !

20/02/2006 19h18, par Techno-Science

Physarum polycephalum, un organisme a mi-chemin entre l'amibe et le champignon est une espèce de moisissure poisseuse pouvant s'étendre sur plusieurs mètres et qui possède la particularité de s'éloigner naturellement des sources de lumière. Des chercheurs de l'Université de Southampton ont utilisé ces capacités pour contrôler les mouvements d'un petit robot muni de six pattes.


Le robot hexapode est télécommandé par la moisissure

Pour Klaus-Peter Zauner qui a développé le robot avec des universitaires de Kobe au Japon, l'idée est de trouver des moyens simples de contrôler le comportement d'un robot. Selon lui, dans un environnement complexe ou paradoxal, les technologies informatiques montrent leurs limites.

Physarum polycephalum est un organisme qui réagit aux sources de nourriture, telles que des bactéries et des champignons, en se déplaçant et en les engloutissant. Il s'éloigne également de la lumière et apprécie les milieux humides. La moisissure utilise un réseau de minuscules tubes remplis de cytoplasme pour apprécier son environnement et décider de la "conduite" à tenir. L'équipe de Zauner a utilisé ce mécanisme simple de contrôle pour diriger un petit robot hexapode.

Les chercheurs ont fait se développer la moisissure sur un circuit en forme d'étoile à six branches et connecté à distance, par l'intermédiaire d'un ordinateur, au robot. La lumière reçue par les capteurs montés sur le robot commande la lumière envoyée sur l'un des six points du circuit en étoile, chacun correspondant à une patte du robot. Lorsque la moisissure essaye de s'éloigner de la lumière, son mouvement est détecté par le circuit et utilisé pour contrôler une des pattes du robot. Le robot s'éloigne alors de sa propre source lumineuse comme une réplique mécanique de la moisissure. Ce type de contrôle pourrait éventuellement être incorporé au robot lui-même plutôt qu'être utilisé à distance.

Le comportement de la moisissure, montrée à l'écran de l'installation expérimentale,
détermine les mouvements du robot

Zauner pense que les ingénieurs devront s'intéresser à ce type de mécanisme simple de contrôle, particulièrement lorsque les composants doivent être miniaturisés. "A l'échelle nanométrique, nous devrons apprendre à travailler avec des composants autonomes", explique-t-il. "Nous devrons laisser des molécules agir comme elles le font naturellement". La biologie influence déjà l'évolution des robots par ailleurs. Par exemple, des chercheurs de l'institut de robotique de Bristol ont développé les robots qui génèrent leur propre énergie en absorbant des mouches.

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