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Les robots poussent la porte de la maison

10/10/2007 17h53, par LeFigaro.fr

Kit à assembler soi-même ou humanoïde capable de reconnaître les visages, une nouvelle génération de robots arrive, de plus en plus domestiqués.

 
ILS MARCHENT, parlent, reconnaissent les visages et deviennent de plus en plus sociables. Fini le rêve de science-fiction : les robots sont devenus réalité et commencent à intégrer notre quotidien. Dans les usines, ils accomplissent des tâches techniques et, à la maison, ils ne demandent qu'à nous tenir compagnie ou à nous aider dans les corvées ménagères. Même s'ils n'ont pas tous l'aspect des humanoïdes de Hollywood. « La robotique est dans une situation comparable à celle des débuts de l'informatique, explique Jérôme Damelincourt, gérant du magasin Robopolis spécialisé dans la robotique. Nous n'avons pas encore idée de ce qu'elle sera dans vingt ans : quand les premiers ordinateurs sont arrivés, on n'avait pas inventé Word ou Excel, ni les jeux vidéo, et encore moins Internet. Le rôle qu'aura le robot dans quelques années reste un mystère. On peut imaginer qu'il aidera les enfants à faire leurs devoirs, qu'il nous remplacera pour les travaux ennuyeux, ou encore qu'il s'intégrera à des objets quotidiens comme la télévision ou les appareils électroménagers. Pour l'instant, on en est au stade où les connaissances se développent et les expériences se multiplient. »
 
Déjà, plusieurs tendances se dessinent. Les robots jouets ont connu un véritable succès ces dernières années avec des produits comme le Roboraptor ou le Robosapien. Mais pour les inconditionnels, ces produits sont limités, faute de pouvoir être programmés dans le détail. D'où l'intérêt des robots éducatifs, qui s'adressent à un public d'initiés ou qui sont destinés aux établissements scolaires et aux associations. « Ces produits permettent aux étudiants et aux passionnés d'observer immédiatement le résultat de leurs programmes, souligne Jérôme Damelincourt. On n'est plus dans la théorie : le travail se réalise tout de suite par l'action du robot qui fait travailler la mécanique, l'électricité, l'informatique et l'électronique. On peut progresser en utilisant toujours le même produit, ce qui est très motivant pour les élèves et les enseignants. »
 
Pour les enfants adeptes du Lego et du Meccano, il existe une quantité de robots programmables en kit, à monter soi-même. Entre les véhicules ou les insectes robots à 20 eur et les humanoïdes sophistiqués comme le Bioloid (à partir de 900 eur) qui danse et fait des pompes, le choix passe aussi par les boîtes de construction de Fischer-Technik qui permettent d'assembler plusieurs objets, pour environ 300 eur. « On passe ici du jouet au jeu éducatif qui fait appel à la créativité tout en restant ludique, observe Jérôme Damelincourt. Ces robots se programment facilement au moyen d'un logiciel pour PC qui repose sur des éléments graphiques : il suffit de disposer des cases action pour piloter le robot, le faire avancer, tourner ou reconnaître un trajet. »
 
En complément de ces robots éducatifs, les robots ménagers se multiplient. Le Roomba (à partir de 299 eur) fait office d'aspirateur autonome et se glisse sans problème sous les fauteuils. Il se décline même dans une version, baptisée Scooba, capable de lessiver les sols et de brosser le carrelage. Mais ce sont les robots de compagnie qui restent les plus spectaculaires. Ils imitent les humains ou les animaux, servent l'apéritif et lisent des histoires aux enfants ou transmettent des messages par Internet. La plupart viennent du Japon. Il est vrai que le ministère nippon de l'Industrie subventionne les entreprises qui produisent des robots de surveillance pour personnes âgées. Un modèle comme Ifbot reconnaît les expressions faciales de son interlocuteur, lui rappelle de prendre ses médicaments et alerte un centre de télésurveillance si la personne ne réagit pas, en transmettant la scène par sa caméra intégrée.
 
Assistant de personnes âgées
 
D'autres produits relèvent d'abord de l'exploit technique. Comme Asimo, créé par Honda à la fin des années 1990. D'une taille de 1,30 m, déguisé en astronaute, il marche de manière naturelle et peut même changer de direction sans interruption. Il sait aussi danser, courir, monter et descendre des escaliers, reconnaître des visages, réagir à des instructions vocales et détecter les mouvements. Pour Honda, il s'agit à la fois de maîtriser les aspects mécaniques et de développer l'intelligence artificielle nécessaire pour produire, à terme, un robot qui pourra servir d'assistant aux personnes âgées ou handicapées et effectuer des tâches dangereuses. De son côté, NEC a développé le PaPeRo, un petit robot rigolo d'une quarantaine de centimètres, qui se déplace sur roulettes. Il repère son environnement et reconnaît les visages, répond aux instructions vocales et peut énoncer environ 3 000 mots et diffuser les informations d'un site Web ou le contenu d'un message électronique.
 
Les laboratoires coréens s'activent aussi dans ce domaine. L'Institut supérieur de technologie a développé l'humanoïde Hubo dont le visage, réplique de celui d'Albert Einstein, peut simuler différentes expressions. « Le souci de donner une forme humaine à une machine est profondément lié à la culture animiste des pays asiatiques, estime Jérôme Damelincourt. Les Américains, eux, s'intéressent d'abord à l'aspect utilitaire des robots en imaginant des aspirateurs ou des tondeuses fonctionnels. » Même les robots sentinelles du canadien Dr Robot conservent des allures de produit technique avec leur plateau métallique monté sur roulette et leurs caméras sphériques en guise d'yeux.
 
Une entreprise française veut concurrencer les Asiatiques sur le terrain du robot humanoïde. Aldebaran Robotics a en effet mis au point le Nao, un modèle autonome et programmable de 57 cm. Prévu pour être commercialisé l'an prochain, il remplacera le chien Aibo de Sony, qui n'est plus fabriqué, pour la RoboCup, la Coupe du monde de robotique. Avec ses deux haut-parleurs, ses quatre micros, sa caméra vidéo et ses capteurs, il sait se déplacer et éviter les obstacles, se relever en cas de chute, reconnaître les visages et même aller se recharger tout seul. Ses inventeurs imaginent qu'il pourra servir à la maison pour lire des pages Web ou des messages, et même s'improviser prof de gym. De plus en plus humanisés, ces modèles sont équipés de capteurs qui leur permettent d'identifier les personnes et d'éviter de les percuter. Des programmes de sécurité peuvent en prendre le contrôle pour interrompre une action dangereuse. Ne reste plus qu'à leur implanter les trois règles de la robotique d'Asimov...

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