Retour en haut

Les performances contrastées des entreprises japonaises d'électronique alimentent les doutes pesant sur l'économie

02/05/2005 19h31, par Libération.fr

Au terme de l'exercice fiscal 2004, clos fin mars, les résultats annoncés par les entreprises nippones, principalement dans les hautes technologies, présentent un bilan contrasté, que les investisseurs ont accueilli avec scepticisme.

L'année fiscale 2004 consacre la stratégie adoptée par Sharp. Le géant de l'électronique grand public peut se targuer d'une progression à la fois de ses ventes et de ses profits. Pour la deuxième année consécutive, la société affiche des bénéfices opérationnels record, en hausse de 24 % cette année, à 151 milliards de yens (1,1 milliard d'euros). Ce résultat, annoncé mercredi 27 avril, est tiré par une progression de 80 % des ventes d'écrans à cristaux liquides, son coeur d'activité.


La réussite du groupe tient aux efforts fournis dans le domaine de la production, entraînant une amélioration continue de la compétitivité du groupe. Le succès observé ne devrait pas se démentir cette année, Sharp prévoyant une hausse des profits opérationnels de 15 %.

Parmi les autres sociétés bénéficiaires, Matsushita et Hitachi se distinguent par leur capacité à avoir compensé la baisse des prix, de plus de 20 %, observée sur les produits numériques. Matsushita présente des profits opérationnels en hausse de 58 %, à 308,4 milliards de yens (2,3 milliards d'euros). Le groupe propriétaire de la marque Panasonic a adopté une politique de réduction de coûts des plus agressives et a bénéficié d'une progression de ses ventes de 16 %, notamment de téléviseurs à écrans plasma.

Ce segment a aussi profité à Hitachi. Le plus grand groupe japonais de l'électronique, en termes de ventes, a vu son bénéfice opérationnel grimper de 51 %, à 279 milliards de yens (2,07 milliards d'euros). Il prévoit une progression de 8 % pour l'année fiscale 2005. L'entreprise peut se prévaloir d'une assise solide, ses gains découlant des ventes en hausse non seulement dans l'électronique, mais aussi dans la machinerie industrielle.

A contrario, l'année fiscale qui vient de s'achever témoigne aussi de l'incapacité de certains groupes à s'adapter à l'évolution du marché numérique. Ainsi, Sony a annoncé mercredi un bénéfice opérationnel en hausse de 15 %, à 113,9 milliards de yens (843 millions d'euros). Mais ce résultat découle principalement des succès enregistrés par son activité cinéma, notamment par Spiderman II, que le groupe a produit.


RETARDS PERSISTANTS


L'électronique grand public, son coeur de métier, affiche des pertes opérationnelles de 34,31 milliards de yens (254 millions d'euros). L'incapacité du groupe à améliorer la rentabilité dans ce secteur devrait continuer de se faire sentir en 2005, tant l'entreprise paraît handicapée par un manque de réactivité.

Illustration de ce défaut, Sony pourrait perdre, dès cette année, la première place mondiale dans le domaine des appareils photos numériques au profit de Canon, qui prévoit une hausse de 20 % de ses commandes.

Pioneer, de son côté, a terminé l'année fiscale sur une perte nette de 8,7 milliards de yens (64 millions d'euros). Les deux activités clés du groupe, les écrans plasma et les enregistreurs DVD, ont subi des baisses de prix, respectivement de 30 % et 40 %. L'entreprise envisage de poursuivre ses efforts de réduction de coûts, notamment en procédant à des restructurations dans ses centres de production hors du Japon. Au terme de l'exercice 2005, la direction espère renouer avec les bénéfices.

Confronté à une contraction des commandes de semi-conducteurs, tant pour les ordinateurs que pour les téléphones portables, NEC a vu ses profits nets reculer de 42,9 %, à 16 milliards de yens. Le premier trimestre 2005 s'est révélé désastreux. La direction espère toutefois un rebond après l'été, qui lui permettrait de réaliser en mars 2006 son objectif de ventes en hausse de 2 %.

Constatant ces résultats, les marchés n'ont pas tardé à les sanctionner. Lundi 2 mai, le titre Matsushita gagnait 2,8 %, à 1 580 yens. En revanche, après l'annonce de leurs résultats, mercredi, Sony avait reculé de 1,8 % à 3 920 yens, NEC de 2,7 % à 578 yens, et Pioneer de 0,8 % à 1 789 yens.

Les analystes peinent à dégager une tendance pour l'année 2005. La reprise était attendue pour le printemps. Elle est aujourd'hui espérée pour l'été, voire plus tard.

Réagir sur cette actualité d'électronique

Actualité électronique

A lire aussi