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Le robot «coureur» de Sony ne convainc pas les experts

14/05/2005 10h39, par ZDNet France

Le géant nippon assure que son nouveau robot QRio est capable de courir, même si sa vitesse de pointe n'est que de 14 mètres par minute. Une maigre performance qui ne satisfait les chercheurs, plus enclins à parler d’effet d'annonce.

«Il est tout à fait exagéré de parler de course lorsqu'un robot de 60 centimètres de haut parcourt 14 mètres à la minute», réagit pour ZDNet Raymond Fournier, chercheur en robotique au Commissariat à l'énergie atomique (CEA), à la présentation de QRio, l'évolution du robot humanoïde de Sony.

«Je pense que Sony a juste intégré quelques algorithmes de marche dynamique, mais il ne s'agit pas encore de course à proprement parler». Pour le chercheur, on est loin du «premier robot coureur au monde», comme le décrit le géant nippon.

Du haut de ses 58 centimètres, pour 7 kilos, cette machine n'est donc capable de "courir" qu'à une vitesse de 14 mètres par minute; ramené à une taille humaine cela fait environ 2,4 km/h. Mais pour Sony la performance est ailleurs: le QRio court car il passe par une phase de vol durant laquelle les deux pieds ne touchent plus le sol.


Sony soigne son image de marque

Là aussi, cela ne semble pas constituer une première. «Nous avons déjà fait courir en laboratoire des robots. Nous avons arrêté ce type de recherche en 1994, car il n'y avait pas réellement d'intérêt industriel», poursuit Raymond Fournier.

«La vraie difficulté est de faire courir un robot sur un terrain accidenté. Il faut une grande modélisation des phénomènes physiques et en déduire les bons algorithmes», précise-t-il.

«Je crois que Sony cherche avant tout à soigner son image de marque. QRio n'est pas un robot vendu. Il s'agit surtout d'une vitrine technologique censée démontrer la qualité technique des produits Sony», estime Fournier qui rappelle qu'au Japon le secteur de la robotique est particulièrement concurrentiel. «Sony doit faire face à Honda, Fujitsu, Hitachi. Il y a donc une course à celui qui proposera la machine la plus évoluée».

Même son de cloche à l'Inria. «Les grands groupes font des déclarations médiatiques qui ne relèvent pas de la communication scientifique», confie un chercheur de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique.

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