Retour en haut

Actualité électronique

PARTARGER CET ARTICLE :

La salamandre en robot à tout faire

12/03/2007 19h07, par News.fr

Un groupe de chercheurs franco-suisse a mis au point un système reprenant le principe de déplacement de l'amphibien. Une avancée pour des applications possibles dans les domaines de la sécurité et de la neurochirurgie.

C'est un robot qui rampe et qui nage, comme la salamandre. Cet animal de la catégorie des amphibiens se caractérise par sa capacité à changer son mode de déplacement, selon qu'il se trouve dans l'eau, ou à terre. En nageant, il progresse plutôt comme une anguille, tandis qu'en marchant, il se déplace plutôt comme un crocodile.

C'est pour comprendre le processus de mobilité de l'animal et l'appliquer à différents domaines que deux équipes de scientifiques, l'une à Bordeaux, en France, l'autre à Lausanne, en Suisse, ont cherché à élaborer le Salamandra Robotica. « La salamandre est un modèle expérimental de choix pour explorer les mécanismes évolutifs lors du passage de la locomotion aquatique à la locomotion terrestre », souligne Jean-Marie Cabelguen, membre de l'Inserm et coresponsable du projet.

De l'extérieur, la similitude avec la salamandre repose surtout sur les quatre pattes en plastique noir qui permettent au robot de marcher. Son corps est composé d'un module de tête et d'un module de queue. Entre les deux, sept autres modules comprenant autant de moteurs nécessaires au déplacement sur le sol comme dans l'eau.

Mais l'exploit des chercheurs, spécialisés en neurobiologie à Bordeaux, et en robotique à Lausanne, n'est pas d'avoir réussi à reproduire un robot similaire en apparence à la salamandre. La prouesse tient plutôt dans le fait qu'ils sont parvenus à reproduire un circuit numérique de commande de la moelle épinière. Et du même coup à comprendre comment un seul signal envoyé du cerveau permet à l'animal de changer sa façon de se déplacer.

De nouveaux champs de recherche

De la nature au laboratoire, il n'y a qu'un pas que le Salamandra Robotica a pu franchir, grâce la commande adressée au cerveau numérique par le biais d'un ordinateur. « Le robot nous a vraiment été très utile pour valider que notre système pouvait moduler la vitesse, la direction et l'allure, des critères qui ne pouvaient être complètement évalués que par un système mécanique », explique l'autre responsable du projet Auke Ijspeert, de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. « Il nous a aussi permis de vérifier que les mouvements générés étaient proches de ceux de la salamandre ». De fait, le Salamandra Robotica montre sur les images de démonstration qu'il est capable de marcher jusqu'à l'eau et de nager une fois immergé.

Comme pour beaucoup d'autres robots, ce spécimen ouvre la porte à de nouveaux champs de recherche et de nouvelles applications. Dans le domaine de la sécurité d'abord. Avec de telles capacités de déplacement, cette salamandre « devraient être extrêmement utile par exemple pour les opérations de recherche et de secours », précise Auke Ijspeert. Par ailleurs, en neurochirurgie, les travaux menés sur la logique locomotrice de la salamandre devraient permettre aux scientifiques de réfléchir à une façon de venir en aide à des personnes atteintes à la moelle épinière. Auke Ijspeert estime en effet que « si les signaux de commande reçus par la moelle épinière peuvent être identifiés, il devrait être possible de les réactiver sur des patients » souffrant de troubles du système nerveux. Une simple hypothèse pour le moment...

 

Réagir sur cette actualité d'électronique

Actualité électronique