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Des mémoires d'éléphant dans la poche

18/12/2006 18h48, par News.fr

Une nouvelle technologie d'enregistrement magnétique permet d'étendre encore plus la capacité de stockage théorique des disques durs. Et ce, qu'ils soient miniatures ou non ! Ainsi, les premiers baladeurs disposant de 160 Go de mémoire devraient voir le jour en 2007.

C'est toujours la même question : comment stocker un maximum de données dans un minimum d'espace ? Toshiba et Fujitsu viennent apporter chacun de nouveaux éléments de réponses avec deux disques durs miniatures. Celui de Toshiba, de 1,8 pouce de diamètre (4,6 cm), est le premier de cette taille à afficher une capacité de 100 Go. Tandis que celui de Fujitsu, un peu plus grand avec 2,5 pouces, offre, lui, une capacité de 300 Go.

Ces deux disques durs reposent en fait sur une nouvelle façon d'enregistrer les données: l'enregistrement magnétique perpendiculaire ou PMR (Perpendicular Magnetic Recording), par opposition à la méthode traditionnelle dite d'enregistrement longitudinal. Ce procédé devrait permettre, à terme et en théorie, de multiplier par dix la densité de stockage des informations sur un disque dur.

Les limites de la miniaturisation

La technologie n'est pas nouvelle. On avait tenté de l'utiliser pour les disquettes dans les années 80, sans toutefois y parvenir. Utilisée seulement pour quelques modèles de disques durs d'ordinateurs portables, elle fut mise au rebus pendant quelques temps avant de ressortir des cartons.

Une raison à cela : les laboratoires de R&D ont atteint les limites de la miniaturisation des particules métalliques magnétisées pour inscrire des données binaires (des zéro et des un) sur la surface d'un disque. Les miniaturiser un peu plus provoquerait un phénomène physique appelé "super paramagnétisme", qui peut inverser la polarité, c'est-à-dire transformer des zéro en un, et donc occasionner des pertes de données.

L'enregistrement perpendiculaire ne change pas fondamentalement le fonctionnement des disques durs. Les particules métalliques microscopiques (un alliage de fer et de cobalt) qui composent une des couches du disque dur sont toujours magnétisées par un courant électrique transmis par la tête de lecture et d'écriture, puis transformées en petits aimants bipolaires. C'est l'orientation de cette polarité (nord-sud ou sud nord, dans le cas d'un enregistrement longitudinal) qui détermine si la tête de lecture doit lire zéro ou un.

Comme son nom le laisse deviner, l'enregistrement perpendiculaire se caractérise par une orientation de l'axe polaire des particules, qui n'est plus horizontal mais perpendiculaire au plateau du disque. Cette disposition atténue les risques d'interférence entre groupes de particules et facilite la captation, par la tête de lecture, des variations de champ magnétique. Résultat : la taille des particules peut être réduite de moitié ; 120 nanomètres de long sur 25 de large contre 250 nanomètres de long sur 30 de large aujourd'hui.

Une technologie intermédiaire

 


Pour les fabricants de disques durs, confrontés à la concurrence des mémoires flash, il faut repousser toujours plus les capacités de stockage. Deux artifices notamment permettraient d'exploiter la technologie PMR de façon optimale : modifier la forme des particules magnétisées, ou encore chauffer le plateau du disque à l'aide d'un laser au moment de l'écriture, pour une plus grande précision.

Mais ce ne sont là que des technologies intermédiaires. À plus long terme, il faudra repousser d'autres limites. Tant en matière de vitesse d'accès aux données que de réduction de la consommation d'énergie.

On estime que cette méthode d'enregistrement perpendiculaire, qui atteindra ses limites vers 2010, permettra de fabriquer des disques durs pour ordinateur de bureau d'une capacité de 1 téraoctet (1 To, soit 1000 Go) dès l'an prochain. À l'horizon 2010, on devrait même atteindre les 5 To. Les appareils mobiles quant à eux devraient intégrer, dès l'an prochain, des disques durs de 1,8 pouce d'une capacité de 160 Go.

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